30 septembre 2005

Le roi du web

Enfin, j'ai franchi le pas ! je viens de devenir l'heureux possesseur d'un "nom de domaine" comme ils disent. J'imagine que chacun sait ce qu'est un nom de domaine pas la peine de m'étendre là-dessus. Vous pourrez bientôt venir me retrouver sur le blog en tapant de vos petites mimines sur le doux clavier l'adresse suivante : www.efraid.net. Ca fait quand même un peu plus sérieux que mon adresse actuelle, plus vaniteux aussi, mais plus sérieux. Je considère cet acte comme un pari sur le futur, une sorte d' "Alea jacta est" électronique. Bloqué par un nom de domaine on ne se défile pas comme ça de son blog. Chaque jour enchaîné à ma table, transpirant sang et eau, je viendrai écrire mon petit billet.

Le premier qui arrive à joindre cette adresse sera gentil de m'envoyer un petit mail. En effet, tout celà est très administratif ; entre l'acte d'achat et la mise en service effective du nom de domaine peuvent s'écouler pas moins de 10 jours. Il est donc fort possible que je ne sois pas le premier à me rendre sur mon blog en utilisant (bon, je la remets, ça me faut plaisir, un petit quelque chose quand même…) : www.efraid.net.

Je vais même avoir une nouvelle adresse mail et tout ça. Vraiment, je suis devenu le roi du web :)

Quel beau métier !

Je suis directeur artistique dans une agence de com. Maintenant vous savez à peu près tout de mon intimité. Dites comme ça, les choses peuvent paraître plutôt confortables et valorisantes. Pourtant, évoluer dans ce métier est très loin d'être une sinécure. Confrontés en permanence à la pression on devient rapidement un ouvrier du mac plus qu'autre chose. Les mauvaises langues me reprendront, je le sais, en m'expliquant qu'il vaut mieux être un ouvrier du mac qu'un larbin sur PC. Pour moi, nulle différence, du pareil au même.

Parmi les choses abominables qui peuvent vous arriver, dans une agence, il en est une qui peut vous humilier plus que tout. Un lundi matin, nous voilà tous attablés, en salle de réunion, pour ensemble établir le planning hebdomadaire. Chacun a en main ses documents et commence à tourner les pages jusqu'au vendredi, pour bien vérifier que cette semaine sera encore enduite de travaux "brise-moral". C'est le cas, elle en est bien remplie, très fournie même ! Pourtant une petite note attire plus particulièrement notre attention. Une note que personne n'aurait crue possible, une chose en lisière du harcèlement moral, le comble du ridicule… La note en haut de page dit : TROUVER DES IDÉES DE CRÉA. Ces mots, pour qu'ils soient bien gravés au fer rouge dans notre esprit, sont surlignés de rouge d'un geste rageur. Jusqu'à ce jour, RMX et moi, croyions que tel était notre rôle au sein de l'agence. Pourtant, comme s'il était possible que nous ayons oublié cette obscure tâche, elle a été rappelé aux braves D.A. qui, d'habitude, font tout autre chose que ce qui leur est contractuellement dévolu. Imaginez un boucher à qui l'on préciserait : "ne pas oublier de couper la viande" ou bien un clown découvrant son emploi du temps annoté d'un terrible : "faire rire les gens pendant le spectacle".

Pour nous deux cette note a été choquante et révèle bien à quel degré, graphiste est souvent peu considéré comme un "vrai métier". Traités le plus souvent comme d'éternels adolescents , nous sommes trop rarement pris au sérieux, ou alors il est trop tard. L'affiche est déjà imprimée ou le client s'en est allé voir ailleurs. Dommage…

Toi, camarade D.A. qui lis ces quelques lignes, tu peux télécharger le fichier haute-définition de l'image coupable. Imprime-la, scotche-la sur un mur et n'oublie pas de la regarder régulièrement. On ne sait jamais, au cas où tu aurais oublié…

29 septembre 2005

Burps

Voilà. Chose faite. Une explication, à la fois simple et valable, de cette courte absence à la rédaction de mon blog s'explique en premier lieu par une grosse charge de travail. Un appel d'offre à rendre, la pression comme on dit souvent. Moi je dirais plus volontiers le couteau sous la gorge ou le 38 sur la tempe. Une question de point de vue. En tout cas, me voilà de nouveau un peu plus disponible et surtout dans un meilleur esprit. La fin de ce travail a été prise en photo par mon acolyte RMX. Le plus intéressant, ce sont les canettes, qui montrent bien que toute chose se doit d'être fêtée avec de la mousse. J'aurais volontiers accepté une veuve Cliquot, une blanche ou une 16, mais malheureusement il n'y avait plus que ça en stock. Les moyens baissent dans la com… à quand le cidre ?

18 septembre 2005

100 % Lambswool

Bien, voilà chose faite. Grâce à ma petite famille, les autorités vont pérorer en une de tous les journaux demain matin. J'imagine déjà les joyeux jeux de mots pour nous signifier une "fabuleuse réussite de ces journées du patrimoine dont le gouvernement ne peut que se féliciter", ou bien encore du : "nous sommes très fiers et nous félicitons de l'intérêt, chaque année grandissant, que les Français portent à ces journées du Patrimoine".

Oui, je l'avoue, j'ai cédé. Je me suis rendu dans un musée au même moment qu'à peu près 12 à 13 millions d'entre vous. Conséquence immédiate ? Comme dans les boulangeries russes, dont nous nous moquions il n'y a pas si longtemps que ça, une queue interminable est nécessaire pour avoir la joie d'observer le gisant d'un obscur évêque du XIIIe siècle ou un empilement de boites de conserve, censé nous interpeller et nous faire réfléchir à la tournure que prendront les événements une fois consumée définitivement cette société folle qui s'emballera forcément.

Moui, enfin… plus simplement, nous sommes partis en vélo et en famille faire un tour jusqu'au musée le plus proche, consacré aux arts orientaux. Et bien, même là, dans cet endroit finalement peu connu, il fallait se coltiner une attente de pas moins d'une demi-heure. Avec un électron libre de quatre ans perché sur son vélo, la tâche semblait plutôt compliquée. Alors, nous nous sommes rabattus sur les jardins publics. Rien de mieux que quelques tours de toboggan pour temporiser.

Après avoir attendu près d’une heure, assis dans l’herbe en regardant Blondin faire des acrobaties, nous voilà partis pour un autre musée. Cette fois-ci, apparemment plus de pain à vendre. L’heure avancée nous a permis de rentrer dans les lieux comme dans un moulin. Sur place nous sommes, ça va de soi, tombés en admiration devant des bouts de cailloux portant la mention de sculpture du XIIe siècle, des gargouilles restaurées ou bien encore des plaques de granit couvertes d'inscriptions en latin. Contre toute attente, Blondin a trouvé la visite plutôt agréable et très à son goût. L'environnement inhabituel l'intriguait, l’amusait et il nous assaillait de questions. J'avais même l'impression de me retrouver à un grand oral de sciences-po ; les requêtes fusaient à chaque seconde et il nous a fallu un mental de fer pour ne pas nous faire humilier en public par notre héritier, face à des restes de colonnes du XIe siècle.

Mais comme les meilleures choses ont une fin, le sport a été préféré à la culture vers 18 h 30. Nous avons alors enfourché nos bicyclettes pour, comme E.T., nous sommes « rentrés maison ».

J’avoue me demander pourquoi une telle affluence dans les lieux de culture ce jour-ci et pas une autre ? Certes il y a la médiatisation de l’événement qui fait force de loi. Mais pourquoi ne pas ouvrir en permanence (ou du moins plus souvent) notre patrimoine au public ? Il semble en raffoler, pourquoi l’en priver ? Si ces journées sont une très bonne initiative, je trouve dommage qu’elles ne soient pas suivies tout au long de l’année, de manière très répétée. Chacun peut y découvrir ce qu’il y souhaite (sauf des fantômes gentils dans un cloître, je tiens à le préciser) et nos autorités gagnent des points de popularité. Que demande le peuple ? Qui voulait lui donner du pain déjà ?

Heureusement, une fois rentré chez nous, j’ai pu continuer cette plongée culturelle tout au long de la soirée. J’ai commencé par le résumé hebdomadaire du foot européen pour ensuite tomber, en zappant, sur un film fabuleux, portant témoignage de notre siècle. Dans le rôle principal, le grand artiste Jean-Claude Van Damme. La réalisation somptueuse confiée à l’incontournable John Woo m’incite à croire que ce film marquera l’époque d’une pierre blanche. Seuls les critiques (Télérama) continuent de jouer les rabats-joie, le soir même des journées du Patrimoine. Leur commentaire est laconique, je vous le livre brut : « Woo là là… ».

Malheureusement, en train de rédiger et de mettre en ligne ce billet, je n’ai pu suivre qu’en partie l’œuvre du maître… d’une oreille distraite encore :)

Pour faire swinguer tout ça : Don't Let Me Be Misunderstood - The Animals

Pour poursuivre l'immersion culturelle depuis son ordinateur :
Le site des journées du Patrimoine
Le site officiel de Jean-Claude Van Damme

Flowers By Irene

Je me suis débattu samedi avec 2 bornes sans fil pour Internet, des trucs WiFi comme "ils" disent. Je ne souhaite à personne ce que j'ai vécu, un vrai cauchemar. Tout est parti des nouveaux bureaux que le FBI a décidé d'ouvrir en dessous ou en dessus de chez moi. Avant j'étais très peinard, tout fonctionnait à merveille. À la limite du miracle. Puis "ils" sont venus. Les hommes en noir. Remarquez que je ne les ai jamais vu, c'est quand même un peu leur métier de passer inaperçus. Mais je suis certain que le "Bureau" s'est installé. La preuve ? Mon réseau est brouillé en permanence, des déconnexions toutes les 5 minutes, impossible de reprendre la ligne sans redémarrer l'ordinateur. Vraiment très pénibles ces gars-là, avec tous leurs systèmes de brouillage et leurs batteries d'appareils électroniques, tous plus bizarres les uns que les autres. Ils auraient vraiment pu choisir un autre endroit. Le citoyen moyen a le droit, après tout, de pouvoir aller sur des sites de son choix à n'importe quelle heure du jour et de la nuit. Même des sites, comment dire… avec des dames en page d'accueil !

N'ayant pas de meurtres ni d'attentats très récents à me reprocher, ils ne sont pas venus pour moi, j'imagine. Il y a bien un délit qui date d’une quinzaine d'années, mais pas de quoi à faire venir une armée de gens qui portent des lunettes de soleil en pleine nuit. Comme je n'ai pas pour habitude de donner un coup de pouce dès que je le peux aux autorités, j'imagine qu'ils se rabattront sur une petite vieille qui habite au premier, juste à côté. Elle observe tout à travers son rideau de cuisine. La dernière fois, je l'ai surprise en train de m'épier alors que je passais un coup de fil depuis le parking. C'est LA personne qu'il leur faut !

Mais, revenons-en aux réseaux sans fil, aux faits. Car il faut bien, à un moment, ouvrir les vannes de l'autocongratulation. À l’instant même où je trouvais enfin une lame de rasoir pour m'ouvrir les veines, tout s'est remis à fonctionner. Soit les hommes en noir ont vu (grâce à leurs « caméras-espions » installées chez moi) qu'ils allaient avoir un cadavre à dissimuler, soit, la chance aidant, j'ai enfin compris comment tout cela fonctionnait. J'aurais, je vous l'avoue, une certaine tendance à pencher vers la seconde solution, question de fierté. Tout fonctionne désormais. Magique, impeccable. Je vais pouvoir aller déposer un nouveau billet sur mon blog. Mes fans vont cesser de se flageller et de se griffer les joues.

Pourtant, au moment de la connexion sur blogger, je vois des chiffres bizarres dans ma barre de menu. Des chiffres tout à fait suspects et auxquels je ne suis pas habitué. Je lance un test de téléchargement pour voir de quoi il retourne ; je n'aime pas à voir des choses suspectes dans ma barre de menus, c'est troublant et ça attire l’œil. Une micro poignée de secondes plus tard, tombe la sentence ! Je suis en train de télécharger un fichier, totalement inconnu de mes services, au rythme insensé de 1000 k/seconde. C'était ma foi très rapide avant, mais là on se croirait sur le circuit de Monza ! 1000 k/s ! Si mon navigateur est exact, il me faut 11 minutes pour télécharger un CD complet à pleine vitesse. Sur le coup, je suis plutôt content. Je me dis que l'intervention des hommes en noir a dû faire avancer au fouet les services techniques du quartier. Puis, viennent immanquablement les questions. Ai-je tant de CDs à télécharger que ça ? Quel site est capable d'accepter un tel débit ? Combien de temps va durer cette plaisanterie ? Etc., etc…

Je me rends compte une fois de plus que je fais partie de la caste des conquérants de l'inutile, et ça commence à me faire peur ; une certaine tendance à se répéter… À croire que ça tombe toujours sur moi ! Après vérification, mon fournisseur d'accès (qui me donnait entière satisfaction jusque-là) à jugé bon d'augmenter encore le débit de ma ligne pour qu'il puisse atteindre des scores déraisonnables. Je sais maintenant que chaque jour, alors que je ne fais que cliquer sur mon bouton de souris, une armée de techniciens et de programmeurs fait tout ce qui est en son pouvoir pour que je puisse jouir d'une puissance Internet que seule la course à la technologie justifie. Les efforts fous de ces travailleurs de l'ombre sont voués à satisfaire la vanité de leurs employeurs et à calmer le stress de certains utilisateurs. À vrai dire rien, ou quasiment…

Ce message est donc destiné à tous les Stakanov des backrooms informatiques : je vous aime, votre travail est super. J'interviendrai personnellement auprès de votre boss pour qu'une louable reconnaissance de votre travail se produise enfin ; vraiment génial les gars. Nice ! Parfois un peu mou sur l'upload, mais rien de méchant, l'essentiel est là !

Mais bon, quand même, si vous pouviez faire un truc pour le site de la madame toute nue. Parce que là, sans vouloir vous offenser, ça rame toujours autant :)


Dédicace à ma voisine : La mauvaise réputation reprise par Sinsemilia

NB : Le fameux Flowers by Irene vient d'un épisode des Simpsons que j'ai vu il y a des années, où l'on peut voir un livreur de fleurs dans un camion, en train de monter la garde toute la nuit devant chez Bart. J'ai failli mourir de rire ce jour-là. Je vous en fais profiter :)

A l'aube des 100 jours

Voici maintenant 3 semaines, j'ai décidé d'ouvrir ce blog. Sans doute le moment de faire un premier bilan pour voir si mes efforts en vue de passionner les foules avec d'inutiles histoires sont couronnés de succès. Et bien je dois avouer que pour un début c'est plutôt pas mal. Alors même que je n'ai fait quasiment aucun effort pour créer du traffic sur le site, vous êtes près d'un centaines de visiteurs uniques (je sais, mais c'est le terme technique) à venir me faire coucou chaque jour. Les statistiques montrent aussi que vous commencez à être une poignée d'irréductibles à venir très régulièrement pour vérifier ce qui se passe dans le coin. Donc, je n'ai qu'une chose à dire : merci ! Je ne m'attendais certainement pas à un auditoire aussi conséquent, même si le chiffre évoqué indique que tout ça reste "entre nous" et que je ne suis pas encore paré pour générer du cash par la publicité.

Je voudrais ici remercier une nouvelle fois Patrice, de LaFraise.com. De très nombreux visiteurs viennent chez moi après avoir cliqué un lien qui se trouve sur son site. Le jour où il a fait une petite ligne sur mon blog dans le sien, les compteurs se sont emballés pour monter jusqu'à 706 hits :)

Tout ceci me donne une nouvelle motivation pour continuer. Cela-dit, si vous n'étiez que 3, je continuerai quand même ;)

Je vais seulement essayer d'être plus constant et régulier. Ces 3 semaines aussi m'ont permis de me rendre compte l'entretien d'un blog demande quand même pas mal de travail. Il faut se faufiler dans les maigres trous laissés par l'ensemble des activités d'une journée pour pouvoir y glisser un post (ou billet). Parlez-en autour de vous, faites suivre par mail, linkez-moi sur votre site. Avec de telles méthodes, j'espère bien arriver à 110 visiteurs par jour :)

Encore merci à tous, on refait le point dans 80 jours, pour voir si je reste.

Pour m'accompagner, et pour donner du volume à l'illustration : Guns of Brixton - The Clash

17 septembre 2005

Mesrine

Étrange sensation ce matin. Reprenant nos activités urbaines de rentrée, nous nous sommes rendus à la médiathèque José Cabanis (à Toulouse) avec Blondin. C’est un très grand bâtiment rempli de livres, de disques et de dvd avec une forme rectangulaire et un habillage vaguement contemporain. J’adore y aller avec lui, on écoute des disques d’Henri Dès en lisant des histoires de loup, un vrai régal.

Pourtant, cette fois-ci j’ai été quelque peu refroidi. Non par la médiathèque elle-même, mais plutôt par le spectacle auquel j’ai pu assister juste avant. Nous avions pris le métro uniquement parce que le Blondin est friand de ce genre de transport. Ça lui passera, j’en suis plutôt certain. En sortant de la rame, nous tombons nez à nez sur un policier du genre « super balèze qui n’a pas du tout l’air d’être là pour faire de la figuration ». Il scrute la foule et semble plutôt énervé, on dirait qu’il cherche à retrouver Mesrine, et quand ça sera fait, ce dernier va passer un sale moment. Je croise son regard, j’aime bien défier l’autorité, puis je retourne instantanément regarder le sol. Finalement, pas ce genre d’autorité, trop de triceps et de deltoïdes…

Nous nous engageons vers l’escalator (drôle de terme, on dirait qu’on parle du frère de Terminator ou du pote d’Illustrator…) quand nous apercevons un lot de 3 parachutistes armés jusqu’aux dents. De la même manière que monsieur l’agent m’avait fusillé du regard, ceux-là scrutent mon fond d’œil pour vérifier que je ne trahis pas un léger sentiment de culpabilité. La moindre bévue et je sens que les choses peuvent mal tourner… Surtout ne rien dire, pas d’arrogance, pas de persiflages, on dirait bien que ce n’est pas le moment idéal pour se mettre en valeur, même devant son fils.

Bien entendu, du haut de ses quatre ans, celui-ci en profite pour me harceler de questions. Pourquoi ont-ils des Mitraillettes ? C’est quoi ces chapeaux ? C’est des vrais ? Ect… Oui, oui, ce sont de vrais soldats, et ils portent des bérets. Ils mangent des carottes ? Et bien voilà, le piège se referme. Je lui ai dit un jour que les carottes rendaient costaud, que même les cascadeurs en mangeaient. Il voit un soldat dans le métro, et la première chose qui lui vient à l’esprit c’est la consommation de carottes de la garnison, incroyable ! Oui, oui, plein, ils en mangent tout le temps répondis-je en passant devant le dernier soldat au regard menaçant en suant à grosses gouttes.

Dans l’escalier roulant les questions ont continué à fuser et, heureusement pour moi, ils ne m’ont pas confondu avec un Djihadiste quelconque.

Même si j’en ris maintenant, quand j’ai vu ces soldats, je n’étais pas du tout rassuré. Ils cherchaient manifestement quelqu’un dans la foule, et je suis certain qu’on ne fait pas se déplacer un corps de parachutistes, arme au poing, pour un voleur de poule. Quand on est à Londres, Madrid ou New-York, j’imagine que cette scène est des plus banales. Mais à Toulouse, France, Sud-Ouest, ça laisse une étrange sensation. Les militaires qui sont là pour assurer la sécurité du métro ont plutôt tendance à vous faire peur qu’autre chose. Et puis voir des mitraillettes pour de vrai, des armes, c’est très pénible.

Espérons seulement qu’ils auront rattrapé Mesrine et que Blondin n’aura pas l’idée saugrenue de projeter un carrière faite de vêtements de camouflage et de balles Dum-dum…

Sur ce coup là, pour m’accompagner : Police-Milice de Trust :(

À la bonn'vot'

J'étais vers 14h00 en train d'acheter un sandwich bien mérité, lorsque je suis apostrophé gentiment. Je me retourne et voit alors un couple d'amis qui se baladent dans le centre-ville profitant d'un beau soleil de septembre. Sans autre forme de procès mais après avoir traité le sujet des bises d'usage, l'homme de la bande, Pierre-Marie, me sort son portefeuille et en extrait une étiquette de vin en se tenant les côtes. Il m'explique qu'il l'a conservée depuis 15 jours en pensant à moi, que je saurais quel usage en faire. En fait il y aurait eu la bouteille autour, j'aurais su de suite quoi en faire. Pourtant, en regardant l'étiquette de plus près, je comprends tout. Il a bien fait de la conserver, une très bonne idée même ! Ces gestes insolites concernant des affaires de la plus petite importance sont pour moi comme une sorte de miel. Elles me permettent jour après jour de voir combien nous sommes tous des combattants de l'inutile. Je vous laisse seuls juges de la situation faute de pouvoir partager ce vin avec vous. Quand même… quel toupet ! J'adore vraiment ceux qui ignorent la peur et le ridicule. Et ce producteur les ignore au-delà de tout :)



L'ambiance sera parfaite avec un petit Brassens : L'épave accompagné d'une petite bouteille de "Château Le Gardera". Modeste mais très honnête.

16 septembre 2005

Désolé…

Cette semaine je n'ai pas vraiment eu le temps d'entretenir ma légende. Je n'ai pas trouvé une seconde pour délivrer à mes fans impatients leur pitance quotidienne. Ils sont d'ailleurs si nombreux que je n'ai pas eu la moindre protestation me notifiant ma fainéantise… Sans doute un service d'ordre s'est-il mis en place dans mon dos, sans que je le sache. J'aurais pourtant bien des choses à vous raconter, mais cette semaine a été plutôt orientée boulot + stress. C'est la dernière fois d'ailleurs, on ne m'y reprendra plus. Ainsi, me voyez-vous désolé et proche du gouffre de ne pas m'être manifesté avant.

Une chose quand même (on peut même y rajouter l'effet Colombo en lisant, ça peut aider à visualiser la scène, à bien projeter comme "ils" disent). Je prenais le bus, mardi soir je crois, et comme à chaque fois, pour éviter le bruit de la circulation ou celui du moteur à l'intérieur du bus, j'avais le casque rivé sur les oreilles. Je crois que j'étais encore en train d'écouter Nada Surf. Au moment même où je me permettais quelques réflexions sur l'avenir de la musique et sur les méthodes futures que les maisons de disques devraient utiliser pour pouvoir continuer à produire des artistes (sans doute à base de couteau sous la gorge), je vois une jeune fille se saisir d'un sac en papier pour en sortir un CD. Pour tout dire, c'était même un CD neuf, encore sous cellophane. Elle a enlevé l'emballage délicatement, ouvert l'objet, et en a extrait le livret. Elle s'est alors mise à contempler les nombreuses pages vernies aux belles couleurs avant de se plonger dans les textes de l'artiste (dont j'ignore toujours le nom d'ailleurs, j'étais trop éloigné…).

Un CD neuf… Ça fait tellement longtemps que je n'ai pas été en présence de ce genre de manifestation quasiment surnaturelle que le choc a été plutôt violent. Je me disais la veille : “mais qui peut donc encore acheter des CDs ?". On voit en effet fleurir sur les murs de nos cités tout un tas de publicités vantant les merveilleux avantages de pouvoir transporter 800 disques dans son baladeur, au cas où l'on ait un peu de temps devant soi. En écrivant ces lignes, m’est venue l’idée de vérifier le nombre de titres sur mon iPod. J'ai avec moi 1,9 jour de musique… Pourquoi faire ? En tout cas je n'ai aucune pochette ni livret.

Je me rappelle, quand je guettais la sortie d'un Smith, d'un Pixies ou d'un Sisters of Mercy. Je voulais l'objet, la pochette. Je voulais avoir, en plus de la musique, une image du groupe autre que celle d'un chevelu hurlant dans un micro sur MTV. Malheureusement tout ça a bien changé. Aujourd'hui mes économies vont moins à l'achat de disques qu'à celui de matériel électronique pour les écouter. C'est une sensation bizarre. Quand je vois le comportement de certaines enseignes comme Sony, Virgin ou la Fnac par exemple, je me dis que quelque part ils cherchent le bâton pour se faire battre. Qui va aller acheter les albums à la Fnac si on peut les télécharger sur leurs sites ou par des biais autrement parallèles.

La sensation est d’autant plus bizarre que, comme je l’ai déjà dit dans un billet précédent, j’ai l’amère sensation de construire de mes mains le mur qui va finir par m’entourer. En tout cas j’espère qu’il était bien cet album. Si jamais il se trouve que c’est un Garou ou une compil de la Starac, à la fin, j’ai vraiment l’air d’un idiot :)


Ambiance du maître pour la circonstance : Redondo Beach reprise par Morrissey.

Propal du vendredi



RMX et moi avons fait parler les courbes entre midi et 2. Ca nous donne une nouvelle proposition de tee-shirt sur LaFraise.

Nous allons faire de nouvelles planches avec des variantions de couleurs, au réveil. je les publierai ici et chez Patrice.

12 septembre 2005

Ha, les vacances !



Tous ces moments inoubliables :)

Merci à Tim et Carine de l'Atelier Kunstart pour la photo

11 septembre 2005

Pas de club !

Ce matin, histoire de faire un petit tour en famille, nous nous sommes rendus dans des vide-greniers. Junior (ou l'héritier, appelez-le comme vous voudrez, personnellement c'est Blondin) a besoin de prendre l'air. Enfermé, ses circuits disjonctent assez rapidement et la bête devient très pénible pour tout le monde. Je n’étais encore jamais allé dans un vide grenier. Pour moi ils représentent une sorte de terre de cocagne ou chacun peu trouver ce qu'il désire pour quelques pièces de cuivre jetées façon médiévale. Un petit tour sur le fort bien renseigné vide-greniers.org et le tour est joué. Nous avons tôt fait d'avoir en main la carte de tous les coins de la région où les gens étalent leurs vieux trucs dans la rue. En fait, nous avons même l'embarras du choix. Un petit déjeuner vite avalé, une douche bien nécessaire et hop, nous voilà en route.

Avant d'aller plus loin il est impératif de vous signaler que, ce matin, j'avais choisi de chausser des Adidas Titan en nubuc. Elles sont beige clair et plutôt très fragiles et la moindre petite tâche se remarque à des kilomètres… Après tout nous sommes encore en été ! Quelques minutes de route avec des dissensions sur la musique diffusée dans la voiture et nous voilà rendus. De nombreuses voitures sont garées à l'entrée du petit village, ça doit forcément être dans les parages. Nous ne sommes pas les premiers, les meilleures pièces seront déjà parties. Adieu le 3/4 queue Steinway en parfait état pour 10 euros… Une voiture se gare et nous attendons pour nous mettre derrière elle. À ce moment précis que les choses ont commencé à se gâter. Plutôt que se serrer pour nous laisser la place de nous garer, le couple dans la voiture en question prend toute la place et nous empêche de nous poser à cet endroit. Sortant la tête, je demande poliment, s'il ne serait pas possible d’avancer un tout petit peu, avec un "pardonnez-moi" pour commencer et un "merci" à la fin, toujours très adéquats dans ce genre de circonstances. Pour toute réponse j'obtiens un retraité hors de lui qui hausse le ton et commence à m'enguirlander très sévèrement comme si j'avais 4 ans et que je venais de voler le dernier pot de confiture de la saison. Mon sang n'a fait qu'un tour, et, je me sens obligé de lui expliquer que s'il voulait lever le ton, je pouvais le faire aussi et plus fort que lui encore ! Qu'il fallait qu'il s'arrête immédiatement et toutes ces idioties que l'on raconte lorsque l'on est enfermé dans une voiture. Sous la pression de ma moitié, je redeviens civilisé, et nous laissons l'ancien sergent de régiment ou prof d'histoire-géo à sa place pour en trouver une autre.

Voilà chose faite ! Mon premier contact avec les vide-greniers ne se déroule pas sous les meilleurs auspices… Un signe sans doute. Nous nous dirigeons tous les trois vers le lieu où semblent se tenir les débats pour arriver jusqu'à un terrain, de foot ou de rugby, où tous les vendeurs se sont alignés pour présenter leurs merveilles. Génial, nous y sommes, le sourire revient… Puis il repart aussitôt. La nuit précédente, l'activité principale du ciel était de faire tomber des trombes d'eau dans notre région. Et lorsqu'on se rend sur le terrain de sport du petit village de Mons, les conséquences de l’activité nocturne des nuages sont immédiatement visibles. L'herbe clairsemée de l'endroit a laissé place à un immense bourbier dans lequel tout le monde patauge allègrement à la recherche du Yu Kun Kun bradé 3 euros. Nous nous regardons tous, droit dans les yeux, et la décision est immédiatement prise et promulguée : "on s'en va !" (d'autant plus que je ne suis pas le seul a m'être chaussé de manière estivale). Pourtant, en y réfléchissant bien, ça serait dommage de rebrousser chemin si près du but. Alors, après avoir pris la décision de sacrifier le nubuc sur l'autel boueux de la bonne affaire, nous nous introduisons dans les allées, en prenant bien soin de ne pas glisser, l'humiliation serait totale…

À part des vinyles de Nana Mouscouri usés, des pots de pâté vides (véridique), des services Arcopal complets, des PCs des années 30, des chaussures d’occasion trouées ou de vielles collections de revues de chasse, il faut bien l’avouer, nous souffrons ensemble sans rien trouver d’intéressant. Pour bien ajouter au grotesque de la situation, au cas où l’affaire du siècle se présenterait à nos yeux, nous sommes quasiment démunis de toute forme de monnaie. Ici les transactions se déroulent en liquide, un peu comme au Moyen âge et nous autres, citadins de base, n’avons que de vulgaires bouts de plastique bleus pour régler nos achats. Nous voilà bien… Moi qui pensais trouver à coup sûr le fauteuil « club » de mes rêves, élimé juste ce qu’il faut, pour une poignée d’eurocents , notre récompense sera : de la boue jusqu’au genoux. Merci les bonnes idées du dimanche matin !

Pourtant, dans notre petite troupe, il en est un dont les yeux brillent de mille feux. Le Blondin a tout de suite perçu l’intérêt des vide-greniers et s’attache à nous le faire comprendre au mieux. Au moins un stand sur deux est tenu par des gamins qui, voyant les années passer, ont décidé de se séparer de leurs jouets les plus inutiles. Dès que l’œil se pose, il tombe inévitablement sur un Zurg (le méchant de Toy Story), un Action Man ou encore un Bob Indestructible. Nous sommes en fait au pays du Père-Noël et ce dernier n’est pas là. Les nains en profitent pour brader les stocks ! Un Spiderman pour 10 centimes, un Action Man pour un euro, la fête bat son plein et malgré la boue, nous sommes tenus d’examiner les stands un à un pour vérifier que nous ne passons pas à côté du Batman ultime. Déterminé, il ira jusqu’au bout pour vérifier qu’il ne rate rien !

Les bras chargés de jouets et la boue montant maintenant jusqu’aux oreilles, nous arrivons tant bien que mal, à négocier un départ. Chacun a eu ce qu’il souhaitait. Les uns, la vie sauve, l’autre ses nouveaux copains. Tout le monde s’en tire la tête haute. En voiture maintenant, loin d’ici, de ce Vietnam de l’occasion, de ce marécage damné !

Mais, ignorant manifestement que les blagues les plus courtes sont à coup sûr les meilleures, nous nous étions munis du plan permettant de nous rendre à un second vide-grenier. Comme il n’est pas tout à fait midi et que les estomacs ne se manifestement pas encore par leurs bruits étranges, la décision est prise de nous rendre jusqu’au village de Brax cette fois-ci.

Je vais faire ici une toute petite parenthèse concernant le nom des lieux. Mons et Brax. Non pas que je sois superstitieux mais avouez que rien qu’à entendre ces deux noms, nous aurions dû nous méfier. La sonorité des deux ressemble à s’y méprendre à ces ordres que lancent aux tigres les dompteurs mécontents des acrobaties de leurs protégés. Mons, Brax, rajoutez un bruit de fouet qui claque en fond et vous y êtes… sous le grand chapiteau !

Passée la forêt de Bouconne, qui est connue pour être à la fois un lieu hanté et un spot de champignons, nous voici en place de Brax. Sur notre gauche, un château qui donne son nom à la place et, à perte de vue, des exposants. Sur terrain praticable cette fois-ci. Sur l’objet de la vente, je ne m’éterniserai pas. Les videurs de greniers ont tous les mêmes choses sous leurs combles. Des téléphones des PTT, de vielles lanternes, des ceinturons Harley-Davidson, des disques de musette, un ensemble de trois minuteurs électriques, un couteau émoussé, une télévision en panne, un service à thé sans les sous-tasses, et toutes ces belles choses qui font le charme de ces rendez-vous. Malgré toutes mes recherches, toujours pas de fauteuil « club ». Même en y mettant le prix (j’étais cette fois-ci décidé à monter jusqu’à deux euros), il était dit que ce jour ne serait pas celui du cuir !

Par contre, et vous l’aurez j’imagine immédiatement deviné, tous avaient à profusions des jouets. Nous voici donc repartis en quête de l’objet rare, du Hulk en mousse ou du Woody grandeur nature. Passant au peigne fin tous les stands, avec une patience étonnante pour son âge, l’héritier a continué d’entasser les héros en plastique. Nous avons bien tenté de briser le rythme en voyant le stand du vin rosé, mais servi avec parcimonie dans des gobelets en carton au prix de l’hydromel, nous nous sommes résignés à continuer. À continuer jusqu’à ce que la fin et la soif nous tenaillent trop. Passer en bavant devant le stand « merguez » une bonne quarantaine de fois est une épreuve que je ne recommande à personne, surtout un dimanche vers 14 h 00.

Sur le chemin du retour, tout en regardant mes chaussures pleines de boue, je me mis à penser une dernière fois au fameux fauteuil, à la manière dont Arthur devait penser au Graal. Si lui a eu la chance de trouver le sien dans quelque caverne ou château alentour, ce n’est certainement dans un vide-grenier que je trouverai le mien. Par contre, pour les calices et les gobelets en plastique…

Dans ces circonstances : Crown of love - Arcade Fire

10 septembre 2005

Bzzzzzzzzzzz

En parler ou pas. telle est la question. Le buzz provoqué par la sortie du livre "Le blog de max" est tout simplement impressionnant. Si je décide de me taire, ça sera à jamais, et passé le moment, je ne pourrai plus venir donner mon avis quand le mal sera fait. Si j'en parle, je sais participer à un grand moment de l'histoire du marketing (certes avec mes modestes moyens) et deviens le pion d'un système démoniaque qui a tout mis en œuvre pour faire en sorte que le cher monsieur puisse enfin démissionner de son poste.

Car tout le fond de l'affaire est là. Après avoir écouté l'interview de Max sur le blog de Loïc le Meur, j'ai été plutôt stupéfait d'apprendre que si, il parvenait à ce chiffre, il condescendrait à sacrifier son niveau de vie pour se consacrer à autre chose que ce qu'il appelle "sa vie de merde". Il partirait… Nous sommes tous donc dans l'impasse.

Soit ce que l’on appelle la blogosphère (hahaha) se tait et le tant attendu « buzz médiatique » n’aura pas lieu. Son roman restera sur des piles camouflées au Carrefour du coin, et du coup Max n’aura pas les moyens financiers de démissionner (un train de vie comme le sien, ça s’entretient) et il devra continuer à nous apitoyer sur sa malheureuse existence à l’aide de son pauvre blog à plusieurs dizaines de milliers de visites par jour.

Soit tout le monde s’y met, moi y compris, de la manière dont je suis en train de le faire ici et le miracle du buzz va alors fonctionner à plein régime. Tous les blogs importants vont en parler, les podcasts se relayer, les chroniques se multiplier. La question de l’anonymat de Max se posera aussi, fatalement. Comme un grand jeu de piste sur la toile, chacun essaiera de placer un nom et un visage sur ce fameux Max et quoi qu’il advienne, le buzz alors démultiplié, finira par échapper à ceux qui l’auront initié pour aller trouver un peu de réconfort dans le mass-media.

Et là, c’est une autre histoire. La communication à la papa, celle qui, malgré tout, fonctionne encore très bien, va sortir la grosse artillerie pour nous expliquer que nous ne sommes que des troncs de choux-fleurs si jamais nous ne lisons pas ce livre. Les presses vont engloutir des tonnes de rouleaux de papier pour tourner à plein régime et les libraires en voyant l’or tomber sur leurs épaules se lanceront dans de nouvelles bacchanales. Max pourra alors alors quitter la toile et revenir dans un monde moins bon se mettre au travail sur son second roman.

Vous l’aurez constaté, en écrivant ce billet, je suis un peu de mèche avec ses collègues de bureau. Oui, chassons-le de la toile et chassons-le de son travail. La suite l’amusera sûrement…

NB : je ne ferai pas de critique du roman pour plusieurs raisons. La plus évidente à mes yeux est que je ne suis pas critique littéraire. La deuxième est que je ne possède pas encore le roman. Seule une poignée de bloggueurs célébrissimes l’a eu en main pour entretenir le Buzz (je comprends tout à fait qu’un exemplaire gratuit à chaque bloggueur aurait posé certains problèmes financiers à son éditeur). Une troisième est que je ne me souviens pas suffisamment de son blog même si je l’ai lu en entier, pour vous en parler dans le détail. Certes, des hauts passages de littérature française seraient à retenir, comme la partie sur le torpilleur, mais… non, trop éloigné, je ne me souviens plus. Je me tais ☺

Suffisamment de raisons, en fait, pour que je ne parle même pas de ce sujet. Mais vous savez ce qu’est le buzz. Une fois qu’il a approché, on commence à se gratter, à se gratter beaucoup. La démangeaison ne part, paraît-il, que lorsque l’on a daigné gratter quelques lignes…

Ambiance du moment : Nancy Sinatra - Baby's Coming Back To Me

Intolérable cruauté…

Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais, les journalistes (qui est une profession que je respecte au plus haut point) ont souvent tendance à en faire des caisses. Je voudrais ici prendre deux exemples qui m'ont particulièrement touché et relatifs à des faits récents. J'avais déjà noté cette tendance depuis un bon moment, mais maintenant que j'ai l'occasion de l'écrire, j'en profite pour libérer un peu la rage.

Le premier exemple concerne un article de la semaine dernière, de je ne sais plus quel quotidien. S'agissant du drame de la tornade qui a ravagé le sud des USA, malgré l'hécatombe des victimes qui se compterons par milliers, un journaliste n'a pu s'empêcher de faire un bon mot pour commenter l'événement. Il était dit en titre de son article : "Après les pires heures, les pilleurs". Il faut quand même avoir les intestins bien accrochés pour faire ce genre de jeu de mot alors même que des cadavres sont en train de pourrir dans l'eau croupie qui inonde certaines cités de Louisiane. J'imagine que quelle que soit l'intensité dramatique du moment certains pensent trouver un moment de gloire littéraire en faisant les clowns de la sorte.

Second exemple, une petite brève trouvée sur Yahoo! qui portait sur les inondations du sud-est de la France. Rebelotte ! Cette fois-ci, l'article était titré "Gard à vous". Au moment même où certains ont tout perdu, pas la moindre forme de retenue. Tel un Garcimore du journalisme, pour briller un peu au pire moment, faire un calembour semble être incontournable.

Ces deux cas ne sont évidemment pas isolés. Nos journaux regorgent de ces Bougliones de l'information. Chaque jour, avec un peu d'attention, on peut traquer ce type de "blague Carambar". Je m'imagine simplement une situation inverse : un malheureux journaliste, par exemple frappé d'un cancer du poumon, alité à l'hôpital, et qu'un autre journaliste ami viendrait visiter. Ce dernier, comme dans une sorte de réflexe professionnel pourrait alors lâcher un fort bien senti : "Fumeur toujours, tumeur un jour !" pour enchaîner avec le plus classique "Désolé de ce qui t'arrive mon gars, on est tous avec toi, etc." Comment imaginez-vous que notre calembour-man le prendrait ? Avec le sourire ? Félicitant son confrère pour la bonne tranche de rigolade ?

Un peu de compassion et de retenue messieurs, s'il vous plaît…

09 septembre 2005

Qui es-tu ?

Petit jeu. En partant d'un proverbe imaginaire qui dirait "dis-moi ce que tu écoutes et je te dirai qui tu es", je vais essayer de vous en dévoiler un peu plus sur moi. Ca sera très décevant pour certains, revigorant pour d'autres. Quelques un pourront aussi essayer d'en tirer des déductions de l'ordre de : "quel âge a-t-il ?", "comment est-il coiffé, habillé ?", tandis que les héritiers de Sherlock Holmes pourront même deviner mon poids, ma taille, ma couleur de peau, savoir où j'habite, etc.

La méthode : prendre son ipod (ou tout autre lecteur de musique qui permet le stockage d'artistes multiples, mobile ou pas), le régler sur aléatoire, et lancer la lecture. A partir de ce moment là il faut bien noter le nom des 5 artistes qui seront joués ainsi que les titres interprétés. Allez, je commence.

1 - One chance - Modest Mouse
2 - Passive manipulation - The White Stripes
3 - When the river rolls over you - The Stands
4 - The dragster wave - Ghinzu
5 - Don't leave the light on baby - Belle and Sebastian

A votre tour maintenant :)

08 septembre 2005

Oooops !

La rançon du succès :) Suite au post que Patrice de LaFraise a eu la gentillesse de publier sur son propre blog en vue d'aider un jeune qui débute, vous avez été hier très nombreux à venir me lire. La première chose est que j'en suis très flatté, ça m'encourage vraiment à continuer. La deuxième, un peu moins sympathique, est que, comme notre "ami le voleur", j'ai rapidement rencontré des problèmes de bande passante. Cela nous donne des images qui disparaissent avec le message suivant : "this image removed, due to a high bandwith usage". Plutôt ennuyeux. Cette situation sera réparée très rapidement dans la journée. Encore merci du temps que vous m'avez accordé et des commentaires et mails que vous m'avez adressés.

[MAJ] A priori tout semble être rentré dans l'ordre. J'ai diminué la taille de certaines images.

07 septembre 2005

Sans vergogne !

Un gars sorti d'on ne sais où vient de pomper allègrement un visuel qui avait été proposé par mon copain RMX sur le site LaFraise. Il explique, avec beaucoup d'aplomb d'ailleurs, que l'idée lui vient d'un ami. Je ne te connaissais pas ces amitiés internationales mon RMX :)

Dans tous les cas, même si la plagiat a été dénoncé plusieurs fois ailleurs qu'ici, ça ne fait jamais de mal d'en remettre une petite couche. D'ailleurs à ce sujet, RMX et moi venont de faire une belle photo de roue de skate-board. L'idée de cette photo nous a été inspirée par un ami dont vous pouvez consulter le site ici. Ce même ami qui pompe les rois de cœur est pourtant un bon photographe, dommage pour lui…



Threadless.com Submission - Suicide King (King Of Hearts)

MAJ : pour l'instant, les liens vers le site de notre ami le voleur de visuels ne fonctionnent pas. L'explication est la suivante, je vous la livre dans la langue de Richard : "The web site you are trying to access has exceeded its allocated data transfer.". Sans doute trop de visites aujourd'hui. espérons que ça puisse continuer comme ça ! Pour faire court, RMX et moi avons piqué une image à ce gars, avons flouté son crédit photo et nous la sommes appropriée. A l'ancienne !

Orteils et mollets [2/2]

Les distraits pourront trouver ici la premiere partie du récit.

Avant tout chose, je tiens à signaler à mes lecteurs, s’il m’en reste quelques-uns (après tout on peut se faire de très nombreux ennemis en attaquant bille en tête une institution comme celle de la tong), que les sombres événements dont je vais vous parler ici, sont antérieurs à ceux dont nous avons déjà discuté. Non pas que mon esprit accorde une suprématie du sujet « tong » sur tous les autres, mais il se trouve simplement que, n’étant pas enfermé dans le carcan d’une publication future par Robert Laffont, comme le fameux Max, je ne me sens pas tenu au respect des règles de base du récit. Après tout nous sommes bien sur blog, scribitur ad narrandum, non ad probandum (On écrit l'histoire pour raconter, non pour prouver) ?

Nous voilà donc au mois d’août. Les arbres bruissent, le soleil luit et les autoroutes vomissent leurs flots continus de voyageurs. Tout est normal en somme, rien ne laisse à penser, qu’une fois de plus, je vais mettre le pied dans une dimension parallèle. Pourtant, en plein Comminges, tout peut arriver, nous sommes sur la terre des loups, des ours, des aigles, tous ces prédateurs qui passent leurs nuits à s’entredévorer pendant que l’humain terrorisé calfeutre ses maisons. Plutôt une terre de grand danger pour une âme aussi innocente que la mienne. Mais cette fois ci, impossible d’appliquer une tactique Napoléonienne comparable à celle des tongs. Je suis dos à la falaise. Un pas de plus et je tombe dans l’oubli de « ceux du premier cercle » (c’est en fait une expression simple que je vous détaillerai plus tard pour décrire mes amis, vous savez, ceux qui ne sont pas à bord car ils sont bel et bien morts…). Nous sommes conviés, ma moitié, le blondin et moi, pour le baptême d’un petit garçon, le fils d’amis du premier cercle donc. Un brave gars à vrai dire ce petit bout, il va falloir que je veille à sa moralité, il est dit que ça sera ma charge de parrain. Héhé, j’adore ce rôle, aux frontières du comique, un voyage de plus dans une de ces dimensions tordues. Et ça n’est pas près de s’arrêter !
Nous voilà donc arrivant de l’océan sur les chapeaux de roue, en retard, comme à notre habitude. Une habitude dont je suis, je l’avoue publiquement ici, ce sera chose faite, l’unique et seul responsable, mais que j’essaie de bien inculquer à mon héritier. Aucun intérêt à mon goût que les meilleures manières disparaissent avec le temps ou le poids des habitudes.
La voiture sa gare face à l’église, nous tapotons nos corps, en descendant du véhicule pour faire disparaître toute cette poussière ramenée de l’Ouest sauvage, une main dans les cheveux pour tout remettre en place et nous nous dirigeons vers l’entrée. La procession du futur baptisé arrive juste derrière nous. Le prêtre prend quelques minutes pour oindre tout ça d’huile et de liquide sacré, il entrecoupe la cérémonie de quelques chants bien sentis accompagnés par un orgue monumental et nous voilà tous enfin dehors par cette belle journée.
Maintenant les choses sérieuses devraient commencer, mes dis-je. La règle est qu’après avoir fait acte de contrition dans un lieu de culte, chacun se doit d’aller pécher immédiatement et au mieux de ses capacités, pour que l’équilibre des forces cosmiques soit respecté. Apéritifs, amuse-bouches, plats de roi et mets divins sont bien au rendez-vous pour nous faire oublier ce qu’il pouvait bien y avoir inscrit sur ces fameuses tablettes. En bref, la corne d’abondance déverse à gros flots ses grasses offrandes sur la nombreuse assemblée.

Je vous entends déjà ruminer depuis ici. Il diverge, où veut-il en venir, qu’est ce que Babylone peut bien avoir en commun avec les mollets et tout ça. C’est que, même si je m’abstiens de respecter certaines des règles de base du récit, il nous faut au moins planter le contexte. Le voilà donc solidement ancré, nous pouvons passer à la suite.

La suite, c’est justement tout ce qui peut se passer dans cette zone de turbulences que constitue l’après repas. Le dessert est parti en fumée, les digestifs se sont évaporés comme sous l’effet de la combustion spontanée, et chacun est en train de jouer à cache-cache avec le soleil tandis qu’une meute d’enfants ivres de fureur sont en train de se calmer dans une piscine avant que ne soit opérée sur eux, en dernier recours, une bonne saignée.
Dans le fameux premier cercle, se trouve un ami, le père du baptisé encore plein d’onguents, qui, à la mode Bruce Banner a subi une transformation radicale en très peu de temps. C’était, il y a à peine un an, peu ou prou, ce que l’on appelle un sportif de canapé. Une petite pratique régulière, mais rien de plus. Il n’était certes pas comme moi, un opposant farouche au régime tyrannique de l’expression musculaire, mais peu de choses nous séparaient. Pourtant, cette courte période a si fortement modifié sa perception de la réalité, alors qu’il devenait un sportif accompli, que, à l’heure ou même le lézard du coin fait la sieste, il commence, sans préliminaire aucun, à m’engager sur le sujet qui nous passionne tous ici : le short. Le voilà en train de m’expliquer qu’une nouvelle technologie de shorts est disponible pour le commun des mortels. Ce sont des shorts, je cite : « sans slip ». En fait après quelques explications, car je suis malgré tout intrigué par le sujet, j’arrive à comprendre que c’est en quelque sorte le procédé utilisé sur le maillot de bain « boxer » qui a été transposée au short de jogging. Les mérites en sont paraît-il énormes. Une véritable aisance dans le mouvement, une sensation de liberté toute particulière. Finis les compressions gênantes au départ de la course et les frottements malvenus, vive le short de jogging.
Moi, très poli, mais un peu sur mes gardes, j’imagine déjà le morceau de tissu. Dans un de ces bleus électriques, tout en Tergal brillant, avec une fente évasée de côté remontant très largement au niveau de la hanche. Un de ces shorts amusants que l’on appelle « flottant », je crois et qui ne sont plus guère portés que dans les défilés de haute couture, les clips de « gangsta-rap » ou les soirées Tropéziennes. L’idée me fait sourire de pouvoir le croiser un jour avec ça sur le dos, mais de marbre, je ne montre pas le plus petit mouvement de lèvre et écoute religieusement les explications. Après tout, il se peut fort bien que je sois depuis fort longtemps sur le sentier des égarés. Tout en observant ce beau paysage de Pyrénées, me vient à l’esprit une question brumeuse. Alors que le sujet du short de jogging se tarit (forcément, à moins d’être un physicien spécialisé dans l’étude des frottements textiles, c’est un sujet qui devient rapidement particulier, je crois…), je fouille mon esprit pour savoir si je possède moi-même un short. As-tu au moins un short me demande le petit ange de mon épaule droite. C’est alors qu’apparaît aussi le taquin démon de l’épaule gauche : « Un short ? Haha, et qu’en ferais-tu donc ? Pas du sport quand même ? ».
Voilà la question ! Que ferais-je donc d’un short ? Mais qui possède un short ? Personne n’a de short, ou pratiquement ! À part une frange de pratiquants de l’art de la sudation, absolument personne n’a de short. Je suis d’ailleurs depuis longtemps opposé au port du short. Exhiber un short c’est un peu comme porter une chemise à manches courtes, dite chemisette. Sous un prétexte entendu de hausse des températures, l’occidental a eu un jour l’idée de porter de grands coups de ciseaux dans toute sa garde-robe. C’est ainsi qu’il est passé du pantalon, chemise, caleçon, au short, chemisette et slip les mois d’été. Les plus extrêmes arborent même aujourd’hui des « Marcels ».
En ce qui me concerne, je préfère garder les poils de mes jambes hors de la vue des âmes sensibles. « Rends-toi ce service pour apporter le bien à l’humanité » disait l’autre. C’est exactement ce à quoi je m’attache. Alors, souvent, comme dans le cas des tongs, je subis les railleries. « N’as-tu pas chaud ? On te croirait habillé comme en plein hiver », ou bien encore « mets-toi à l’aise ». Et bien non, je ne suis pas à l’aise en short, pas à l’aise du tout. Je hais les shorts, je ne mettrai de short que lorsque les bas de mes pantalons auront brûlé. Et je suis certain d’être le porte-drapeau d’une très grande majorité de gens qui ne portent cela que sous l’emprise d’une pression sociale mue par une main invisible. Je suis tout à fait certain de moi quand je transpire sous mes épaisses toiles « Denim », je représente du monde après tout…
Enfin, quand je dis « je suis », je veux plutôt dire « j’étais ». Car à peine quelques minutes après l’intervention portant sur le matériel de jogging (très constructive je dois dire), alors même que ma rectitude mentale était au mieux en ce qui concerne le port du short, intervint un événement qui a de quoi à mettre l’esprit le mieux trempé à terre.

Sans que personne ne put s’y attendre à ce moment là, une voix de stantor s’élève de l’assemblée pour crier une phrase dont je crois, je me souviendrai toute ma vie : « on fait un foot ? ». Je parlais à l’instant d’esprit trempé, et bien croyez-moi ou pas, mais quand je vis que quelques regards se posaient sur moi, le métal se mit à fondre. C’est très exactement ce genre de situations qu’avait prévu Sun Tse quand il disait : « Sur la surface de la terre tous les lieux ne sont pas équivalents ; il y en a que vous devez fuir, et d'autres qui doivent être l'objet de vos recherches; tous doivent vous être parfaitement connus ». En tout cas, en termes de connaissances, celui-ci me paraissait des plus éloigné, car même si on aime à regarder un match, de temps à autre, à la télévision, jouer au foot, avec ses propres membres et ses muscles, est une autre histoire ! Et puis, il ne faut pas négliger le premier conseil du grand maître, « …il y en a que vous devez fuir… ». Pour ma part, la décision était prise, même arbitre n’était pas convenable par ce jour de soleil de plomb.
Bien évidemment, on me demande si je joue, allez, viens, on va s’amuser, et toutes ces choses-ci. Ce à quoi je réponds très poliment que non, je ne jouerai certainement pas, que si je le faisais, personne n’allait s’amuser et toutes ces choses-là. Quelques-uns insistent, mais devant ma fermeté, tous voient qu’il en faut plus pour briser l’airain. Je ne jouerai pas !
Et puis, l’assemblée devient très vite clairsemée, les participants aux équipes ont tous disparu. Bien, me dis-je, bien… étrange. Et, comme un vol de gerfauts, tous reviennent en moins d’une minute. Tous sont là, une bonne dizaine, prêts à en découdre pour attraper le cuir, mais surtout, et c’est là que l’œil avisé est un bon allié, tous en short ! Aucun ne manque à l’appel. Ils ont troqué la flanelle et le lin contre le polyamide en moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire. Fascinant. Moi qui croyais que l’humain courant aimait avoir du tissu sur les pattes, voici qu’à la première occasion, toutes mes théories se retrouvent à l’état de cendres prêtes à êtres dispersées aux quatre vents.
Ainsi… ils ont des shorts. Moi je n’en ai pas, plus depuis l’adolescence, c’est devenu un tabou, mais eux, en secret, ont continué à cultiver le rite. Aucun n’a abandonné la partie et, dans le paquet des joueurs, alors que le match commence, on peut même voir de jeunes enfants qui tombent sous le joug des plus grands et tels des robots, les imitent avec leurs shorts colorés et leurs jambes sans poils. Dans tous les cas, je me trouvais dans une zone de sécurité, bien cramponné dans mon fauteuil de jardin. J’avais même pris la précaution de mettre entre eux et moi une table, avec quelques boissons dessus, pour éviter de voir revenir à chaque minute avec la même question lancinante : « alors, tu viens jouer ? ».
Pourtant je ne me sentais pas tranquille. Mes certitudes venaient de s’envoler toutes d’un coup. Chacun était parti puis revenu en quelques secondes, vêtu de cet attribut textile si décrié alors même que j’imaginais que peu en possédaient. En fait, tous cachaient leur jeu. J’étais même persuadé, qu’à la moindre occasion, ils ressortiraient leurs shorts à nouveau, et en public encore !
Mais après tout, me direz-vous, à la question : « peut-on vivre sans short ? », ma réponse était toujours aussi ferme. Oui ! Si toutes ses simagrées, jambes à l’air parvenaient à les divertir, qu’il en soit ainsi, mais mon épiderme n’avait pas la moindre chance de voir le jour autre part que dans les endroits homologué par mes soins. Il est dit que la peau est plus souple si elle vit dans le noir. C’est une théorie à laquelle je suis très attaché, et je compte bien la démontrer scientifiquement, un de ces jours où j’aurais deux heures devant moi.

Pourtant il semblait bien que les événements commençaient à m’échapper et que ma prise au réel devenait quelque peu recouverte de beurre. Alors que les équipes, ne se souciant plus de moi, venaient d’égaliser, j’en profitais pour regarder autour de moi ce que devenait le reste des convives, histoire d’aller distraire d’un bon mot la table voisine.
Je ne sais pas si vous vous souvenez bien de votre dernier chavirage, mais dans les grandes lignes, ça se passe de la manière suivante : un homme à la barbe fournie, tout vêtu de bleu hurle à qui veut l’entendre : « les femmes, les enfants et les vieillards d’abord ! ». Dans ma situation, nul besoin de se souvenir d’un éperonnage en Mer du Nord, j’étais exactement dans la même situation. Les « jeunes », comme on dit, jouaient tous au foot (de 7 à 40 ans si mes comptes sont exacts), alors que les plus vieux buvaient un café, que les femmes surveillaient les enfants et que ces derniers tentaient de se suicider par tous les moyens dans une piscine maintenant pleine d’herbe. Et moi… Oui, et moi. Je me retrouvais seul, dans ma misérable chaise de plastique blanc. Tous étaient là, le visage rempli de morgue, alors que moi, bien isolé, en proie au doute, étais exclu de tous les groupes qui ont droit à la vie sauve lorsque le capitaine l’a décidé. Je n’étais pas avec eux, mais je n’étais pas non plus avec les autres. Chacun avait, ce jour-là, son utilité, sa place, sa raison sociale, alors que je me promenais dans le no man’s land de la psychologie. J’étais absolument seul, personne pour souffrir avec moi, personne avec qui partager ma peine et mes sanglots. Au milieu de tous j’étais devenu l’asocial, celui qu’on montre du doigt, qui n’est pas là, un être transparent, moins qu’un insecte… Un de ces moments que l’on décrit parfois comme d’immense solitude, étranger à la compagnie de l’homme.

La mi-temps fut tragique. Non seulement les footballeurs vinrent en remettre une dose pour que je remplace un des participants qui devait nous quitter, mais l’autre groupe en profita aussi pour venir m’ennuyer avec les insistances d’usage et les questions sur la chaleur, sans short.
Une fois le que le jeu eut repris, je commençai à approfondir la question du short et de son rôle ségrégateur. Homme ennemi parmi les siens, étranger aux autres, damné était celui qui ne possédait pas la bénite découpe de tissu. L’excellence venait du short et mon incapacité à accepter la situation faisait de moi ce que cliniquement, les psychologues les plus réputés appellent, nous sommes tous tenus de l’admettre ici, un déséquilibré. Le short venait de me faire perdre ma place dans cette société que je regardais désormais sous l’angle du souvenir. Le maudit…

En rentrant chez moi après cette longue journée de profonde solitude, je préparai mes paquetages pour entamer ce long voyage initiatique vers les terres gelées du Nord. Un proverbe eskimo dit la chose suivante : « La vraie sagesse se trouve loin des gens dans la grande solitude. ». Là-bas, me semblait-il, personne n’exigerait de moi que je me déplace les genoux à nu…

06 septembre 2005

Ambiance du soir…

Un peu mélancolique, sans doute. Les beaux jours qui disparaissent et les caches-nez qui fleurissent dans les vitrines du centre ville. Finalement la belle saison est bien courte. Ce soir je partage uniquement la compagnie de mon chat, Sucrette (désolé, vraiment), un beau mâle d'un an. Je vais profiter de ce moment de quasi solitude pour flâne, oublier de manger, lire un peu et terminer la deuxième partie de mon petit récit, celle qui concerne plus précisément les mollets. Je suis accompagné d'une petite bière blonde et d'un peu de bonne musique. Je vous fais partager l'ensemble, puisqu'il semble que c'est l'esprit général d'un blog. Comme je l'avais dit dans un billet précédent, je m'étais fixé une moyenne de cinq billets par semaine. Pour l'instant j'arrive facilement à tenir le rythme, mais j'en garde sous le coude. En tant que tout débutant, je trouve qu'entretenir ce genre de journal est à la fois agréable et amusant. J'imagine qu'il ne faut pas que ça devienne une charge trop lourde. Si j'arrive à passer l'hiver, à mon avis, le plus dur sera fait.



L'air est tiède et l'esprit vagabond, certains diraint qu'il ne manque que le Picon. Un petit moceau de Nada Surf pour la route, Blonde on blonde !

Il est des jours où Thot s'en fout…

Dimanche dernier, RMX et moi avons croisé le destin. Voici l'image qui nous est sautée aux yeux alors que nous allions nous promener dans les jardins du centre ville de Toulouse. Un disque du grand monsieur, comme mordu jusqu'au sang par un esprit en peine. On eût dit qu'il venait de manger l'intégrale sans pouvoir terminer le premier volume, repus qu'il était de toute cette poésie. J'imagine qu'il a du continuer son chemin, en s'essuyant les doigts et la bouche avec les pages de quelque grand classique de la littérature française ou anglaise. Pour RMX comme pour moi, cette image, qui nous a choquée au même moment et pour la même raison, semble bien refléter le mépris que nous accordons aujourd'hui à la culture. Un simple objet de consommation, un loisir millénariste, quelque chose que l'on raille (jusque sur des tee-shirts).
Ce disque consommé, puis jeté est le pur reflet de notre société qui aura fini par considérer comme banales les choses les plus rares et les plus précieuses. L'amertume est d'autant plus grande que je sais participer pour beaucoup à la construction à cette civilisation du médiocre, du loisir, brique après brique.

03 septembre 2005

Ronald

Juste un petit mot pour signaler à la face du monde que, dans le dernier numéro du magazine étapes (123), on peut trouver un article sur Ronald Curchod. Pourquoi donc est-ce que je vous parle de lui ? Tout simplement parce que c'est un gars qui fait un travail formidable et que, quand on est comme moi, laborieux dans un agence qui produit le sel par chariots entiers, on ne peut le regarder qu'en levant les yeux pour bien se mettre dans son ombre. C'est aussi un graphiste Toulousain, que j'ai la chance de connaître. Ca ne fait jamais de mal quand une revue aussi prestigieuse parle de quelqu'un de notre région, même si celui-ci est connu de leurs services depuis très longtemps (étapes), de le crier assez haut et plutôt fort.

www.ronald-curchod.net

Ce matin, au lever, on peut dire que tout va bien. Soleil, plaisir d'être avec les miens, quelques pages du livre d'Abed Azrié, un nouveau projet graphico-artistique en vue, des plus intéressants (dont j'ai pu discuter hier soir entre trois bières et quelques assiettes de tapas) et surtout, la satisfaction d'être sorti en vie d'une première semaine de travail dans les mines. Pourtant un petit quelque chose coince. Un grain de sable tenace, ramené des plages de l'été, menace cette belle journée d'épais nuages noirs. Le spectre du doute et le voile de la confusion viennent déjà s'insinuer dans cette caricature de bonheur urbain. Voilà de quoi il retourne. J'ai peur ! Peur d'écrire sans être lu. Peur que ce blog soit à la fois une charge et la source d'une acrimonie chaque jour grandissante. Peur de diverger trop souvent, de ne pas arriver à me concentrer sur un sujet précis. Comment toucher le lecteur, comment arriver jusqu'à lui ? Quand, comme moi, on est tout sauf un expert technique du web, celui-ci, une fois qu'on s’y est engouffré, commence à sérieusement ressembler à une jungle épaisse de laquelle, même la plus laborieuse des machettes, ne viendra pas à bout.

Vous, les 2 ou 3 qui me lisez, n'hésitez pas à me donner des conseils pour faire que ce blog puisse se faire connaître, qu'il puisse devenir une petite zone de passage régulière pour certains, et un lieu d'échange pour d'autres. Faites-le connaître auprès des vôtres. J'avoue que je ne sais pas trop comment m'en sortir, comment m'y prendre et crains d'être découragé sur le long terme.

Mais pour l'heure le moral reste au beau fixe et le week-end s’annonce sous les meilleurs auspices. Si le temps ne m’est pas compté, la deuxième partie du petit récit sera en ligne dimanche… sans doute. Je n'ai plus peur maintenant, en le disant.

02 septembre 2005

Limited

Le Tee-Shirt Mush vendu sur l'excellent site Lafraise.com va sans doute faire l'objet d'une réimpression en série limitée. C'est de saison, bientôt les cèpes à profusion sous nos orteils ! Voici la première planche de couleurs envoyée au site pour nous caler sur celle qui plaira le plus aux aficionados de champignons. Bientôt le verdict !

[MAJ] Bien, le jury vient juste de terminer ses délibérations et a rendu sa sentence. Le Teesh sera couleur Olive et le champignon, pour bien marquer le fait que c'est une série limitée, sera de couleur orange. Voici une image rien que pour vous en primeur, mais attention aux couleurs à l'écran, celles du Teesh seront bien plus belles. Je le sais, j'ai un saucichien Olive.

Souris, étranger !

Comme on a l'habitude de le dire de part chez nous, dans l'ouest profond, une bonne souris Microsoft™© est une souris Microsoft™© morte. Alors nous, les gars du coral, on a mis en pratique ce que nos ancêtres ont toujours fait. Nous, on est pas de ces gars du Nord, qui tremblent sur leurs selles dès qu'ils entendent un chacal ou un puma traîner près du feu de camp. Toi, la souris Microsoft™©, regarde ce qui t'arriveras si tu passes sur nos pâturages . Hoooow oui. Pour sûr, tu n'y reviendras pas. Chez nous on préfère les souris avec de la bonne pomme de l'Alabama gravée dessus. Ca nous rappelle le pays quand on est au dressage des pixels sauvages…

Mon lounge à moi

Avec la rentrée, je ne sais pour quelle raison, chacun dans mon agence s'est mis en tête d'arranger le look de mon bureau qui était, il faut le dire, plutôt piteux. Ca me donne l'occasion de vous livrer ainsi un peu de mon intimité, même si ce n'est que l'endroit où je travaille. Mais, après mûre réflexion, j'aime mieux exercer mes quelques menus savoirs dans ce genre d'endroit qu'au fond d'une mine de Silésie.

Sur la constance et la négligence

A peine le blog ouvert, je suis déjà en retard de quelques billets. Une petite précision ici pour vous donner mon rythme. Après tout, mes 3 lecteurs ont droit à un peu plus de précisions. Nous partirons donc sur une base de 5 billets par semaine. Parfois plus si le temps m'en est accordé, jamais moins dans la mesure du possible. 5 !

01 septembre 2005

Orteils et mollets [1/2]

Je ne sais ce qu'il en est pour vous, mais en ce qui me concerne, j'ai beaucoup de mal, hors des limites d'une plage, d'une piscine ou de tout autre endroit adéquat à la situation, à exhiber ma nudité. La zone érogène dont je vais vous entretenir maintenant part du haut de la cuisse jusqu'à la pointe des orteils, ongles incarnés compris.

Vous l'aurez sans doute constaté, la période estivale étant propice à ce genre de dérapages, beaucoup de gens -et je dis bien : parmi nous- ont une tendance très appuyée à se promener en short. Certains vont même plus loin dans l'excès en déambulant où qu'ils aillent chaussés de tongs. De nombreuses variantes sont possibles, mais la combinaison la plus largement retenue reste, selon mes observations statistiques, celle du short+tongs. Un bref détour ici, pour bien nous mettre d'accord sur l'orthographe légale du mot "tong". Il n'y en a pas, ou pas vraiment. Il semblerait que l'origine du mot provienne plus certainement d'une onomatopée quelconque que d'une étymologie remontant à la nuit des temps. Certains disent tong, d'autres tongues (plutôt dans le sud de la France d'ailleurs), d'autres encore appellent ces choses-là des claquettes. Nous nous contenterons ici du mot tong. Il est explicite, compris de tous, et ne sera pas, je l'espère, confondu avec une dynastie chinoise peu connue. Tong donc !
Revenons au sujet qui nous occupe. Ces cohortes de vacanciers pénétrant dans tous les lieux, même pieux, saints ou bureaux de poste, endimanchés de tongs ou de shorts. La sensation est très bizarre lorsque, cheminant au gré des vitrines, on se pose un instant pour se concentrer sur l'ambiance sonore. En se mettant à une distance du sol assez raisonnable, on peut entendre clairement cette marée des clap-clop, caractéristique de la tong claquant d'abord sur la plante des pieds pour venir ensuite s'écraser au sol pour enfin se faire piétiner. Dure est la vie d'une tong ! J'ai toujours été rétif au port de la tong, plus simplement je n'arrivais pas à réellement assumer le port de la chose plastique, de telle sorte que mon introduction, gêné et coincé, dans le milieu tongueur ne serait pas vraiment passée inaperçue, et que, l'esprit de corps aidant, je me serais très vite vu signifier mon exclusion de ce groupe que nul espion n'a jamais pénétré. Un vrai clap-clop, un clap-clop honnête, est reconnu immédiatement par une oreille experte, inutile de chercher à abuser les gens… Je m'en serais donc retourné vers d'autres horizons, ceux des tennis, des chaussures à lacet ou bien encore du mocassin à gland. Bien que pour ce dernier, il faille aussi montrer patte blanche. Pourtant, bon sang ne sachant mentir, je décidai cet été, coûte que coûte, de me sociabiliser, d'aller plus souvent vers mon pareil, comme ils disent, de partager avec lui, par de petits gestes, des fois peu de choses. Une mutation importante pour dire vrai. Et cette sortie de chrysalide se devait de commencer par la transformation la plus importante que l'homme ait connu à mon sens, depuis l'invention de l'écriture et des billets de Banco : le port de la tong. Tout le monde finit par y passer un jour où l'autre, ce n'est qu'une question de temps. Un peu comme la carie dentaire ou les poils dans le dos… Le moment pour moi était venu. Ne suppose pas, si quelque chose t'est difficile, que cette chose soit impossible à l'homme, disait Marc Aurèle dans la même situation que moi. Mais, si une chose est possible et naturelle à l'homme, pense qu'elle est aussi à ta portée.
Localisé à cette époque en Espagne, côté Méditerranée, je me levai décidé à tout briser autour de moi s'il ne m'était pas livré dans l'instant une paire de cette majestueuse invention que manifestement j'étais le seul à n'avoir pas encore arborée. Plus simplement, armé d'une carte bancaire démagnétisée et d'un peu de monnaie, je me dirigeai, torse bombé, l'esprit bouillant de ces images de mon prochain bonheur, vers la rue centrale de la ville, pour acheter ce qui se fait de mieux en la matière. Les commerçants, si je peux vous donner mon avis, sont une espèce de medium, ils ont deviné que mon destin était de passer là, d'être ici à ce moment précis, et savaient aussi quelle était ma quête. À peine avais-je abordé la descente de la rue que le premier magasin en vue se trouva être rien de moins qu'une sorte de grossiste en tongs, une boutique pour familles nombreuses ou touristes en bus à deux étages. Des tongs à profusion ! Étals vomissant les caoutchoucs les plus exotiques et les couleurs les plus acidulées. Dès le premier essai, telles des grappes de raisin se emplissant dans mes mains, des pétales sur mon chemin, toutes étaient là. Tel un chaton abandonné derrière les barreaux de la SPA, chaque paire implorait que je l'adopte, priait ma compagnie, mendiait mon attention. Certains, oppressés par une marrée de sentiments si puissants, auraient pris leurs jambes à leur cou jusqu'au prochain magasin Bowen ou Adidas. Mais pas Fraid, une volonté de métal, un courage à toute épreuve, une droiture digne des plus fameux esprits Jacobins. Si tong mon pied devait chausser, il la chausserait aujourd'hui ou bien jamais plus ne représenterait à ma vue. Chacun aime à commander ses pieds, être maître chez soi. Et comme certains aiment à le rappeler : hoc volo, sic jubeo ; sit pro ratione voluntas !
Charmé par l'appel des semelles, je m'arrêtai un instant pour observer de plus près les meilleurs prototypes. Rayures, hachures, zébrures, fleurs, textes, taches, couleurs, talons, moulage du gros doigt… Tous les goûts de la nature étaient présents dans ce petit magasin. Et ce fût ma première erreur que de considérer les événements de ce point de vue… nous le verrons plus tard. Comme je le disais il y a à peine un instant, ce magasin était "petit". Si celui-ci l'était, c'était donc que les plus gros se trouvaient un peu plus loin, plus de choix, plus de matières, plus de tout en fait. J'en voulais déjà plus, je venais de rentrer dans le cercle infernal de la tong… J'entrevis la drogue que cela représentait et compris mieux l'étendue du phénomène. Où tout cela allait-il me mener ? Je continuai, encore titubant, ivre de toutes ces images mentales, quand je dus me reprendre en arrivant au second magasin de tongs, à quelques pas du premier. J'inspirai profondément, éclaircis mes esprits, puis entrai, dans l'autre temple dédié à ce dieu de semelles plates. Après quelques minutes de recherches, la même sensation irrépressible d'ivresse s'empara de moi. Une vendeuse charmante s'approcha pour me parler, me dire des choses que je cherche toujours à comprendre aujourd’hui. Mon Espagnol n'étant pas des meilleurs, je sentis que la situation devenait bien tendue pour une simple affaire de chaussures et ne sachant que répondre, ni quel ton adopter, la panique s'empara de moi. Tel un lièvre à l'automne dans la lande anglaise, je pris mes jambes à mon coup et fuis le plus loin possible (environ 15 mètres quand même). Je continuai alors dans la fameuse rue, dont j'ignore encore le nom, pour passer de magasin de tongs en magasin de tongs. Tous ne vendaient que ça ! Je me suis retrouvé sans y faire attention ni en être informé dans ce que je considère encore aujourd'hui comme la capitale de la tong. 10, 100 ,1000 magasins plus loin, me taillant à coups de coude un chemin dans cette foule de pèlerins venus ici en quête des saintes chaussures, toujours le même phénomène ! Tous vendaient tant et tant de tongs, à paillettes à talons ou en moumoute, qu'arrivé au bout de cette (pourtant très longue) rue, je me retrouvai les mains toujours aussi vides de toute semelle en caoutchouc. Confronté à cette débauche de moyens pour faire de cet été "celui qui fera de lui un tongueur", je fus dans l'impossibilité de choisir quelle paire prendre… à quel prix ? Tous étaient disponibles (j'ai même croisé ailleurs des tongs à 369 euros), toutes les matières. Qui saurait m'aider ? Une vendeuse parlant français ? "vous cherchez des tongs monsieur ?". Non, désolé, dis-je tremblant comme une feuille, je regarde juste les ronds de serviette, muchas gracias…
Ca y est, j'étais en train d'avorter… Pris de panique face à une telle charge, une seule solution s'offrait à moi, la même que Napoléon utilisa jadis, détaler face à l'ennemi ! Partir, accepter la déroute… Fuir face à la tong. Elle venait de remporter cette manche d'un doigt, d'un orteil même, les forces par trop déséquilibrées. Au bout de la rue, de la "calle", un petit magasin de glaces avec vue sur le port. Les touristes comme moi sauront de quel endroit je parle si je leur révèle que sur la terrasse de ce glacier on peut y savourer une fraise/citron, assis sur des cornets géants avec des coussinets aux couleurs des parfums. Un peu comme au Georges V en quelque sorte. Las et dépité, la pupille dilatée, mais heureux d'être encore du règne des mortels, je me dirigeai vers la plage pour y retrouver ma moitié et mon quart. Après quelques minutes de marche, un signe de la main assez familier me fit prendre conscience que j'avais enfin rejoins mon camp. Je répondis avec un sourire de circonstance avant de m'engager vers eux. Ce moment précis fut sincèrement le plus pénible de cette dure journée. Là, face aux centaines d’yeux torves m’observant avec un poil de sadisme, je dus parcourir les trente derniers mètres sur le sable… avec mes lourds basquets en cuir blanc aux pieds (Globe rouge et blanches, très lourdes…). Inutile de me déchausser à la vue de tous d’autant plus que j’avais une couche de chaussettes à enlever, et tous ceux-là le savaient bien, ils n’attendaient qu’une chose, ils voulaient me voir me liquéfier sur place ! Ensablé jusqu’aux genoux après ce terrible effort, j’arrivai enfin jusqu’aux miens, jusqu’au réconfort. C’est alors qu’au lieu des mots doux et des tendres caresses, je dus essuyer une nouvelle gifle : « tu n’as pas trop chaud avec ces gros basquets et ce jean ? Pourquoi ne fais-tu pas comme tout le monde ? Porte un short, mets-toi à l’aise voyons ! ».
J’étais groggy, un genou à terre… Malgré tous les conseils et les mises en garde de Sun Tse, je n’aurais jamais cru que le dernier coup de dague puisse venir de mon camp. Traînant alors ma vielle carcasse hors de ses vêtements, j’utilisai mes dernières forces pour la faire sécher au soleil le reste de la journée, sous les quolibets de la foule. Monde impitoyable !


L'illustration de cet article est de mon pote RMX qui a eu la gentillesse de me rendre ce service, étant moi même au bout du rouleau je n'aurais su que faire.

Dans la seconde partie de ce petit texte je vous expliquerai dans quelles circonstances on a essayé de me faire porter un short et avec quelle fermeté j’ai réussi à m’opposer à ce projet fou !