29 août 2005

Le sage

Bien… la rentrée quoi. On retrouve les copains, on se tape dans le dos, on rigole un bon coup et finalement, on apprend qu'il faut réellement s'y mettre. Plutôt ennuyeux. Flanqué d'un rhume monumental, j'ai du, en plus, passer la plus grande partie de la journée à l'abri de toute forme de courant d'air, laissant le soleil où il se trouvait, loin de moi, loin, dehors…
Cependant, une journée de rentrée n'est pas nécessairement une journée gâchée. Il se peut que, par les hasards du calendrier, une toute petite chose puisse venir vous ramasser à terre et vous regonfler tel un ballon de baudruche. Pour moi, cette petite chose, attendue de longue date, s'appelle Gilgamesh. Plus précisément, le tome 2 de Gilgamesh en bande-dessinée, Le sage (aux éditions Dargaud, bien sûr en collection Poisson-Pilote). Ce petit cadeau de rentrée me sauve d’une journée dont de toute manière je ne me souviendrai que pour ce livre. Bien sûr, je ne vais pas ici faire une critique de la bande-dessinée pour la meilleure des raisons : je ne l'ai pas encore lue… je suis juste en train de carresser la couverture de ma main droite alors que je lutte avec la gauche pour taper ce billet.
Mais qui est donc ce Gilgamesh ? Plutôt un nom à coucher dehors ou bien encore celui d'un favori dans la 3e course… En fait, (et je me réfère à l'ouvrage que j'ai aussi entre les mains, L'épopée de Gilgamesh, (de Abed Azrié chez BERG) l'histoire de Gilgamesh est celle du roi légendaire d'Hourouk (ou Uruk), aux environs de 2600 ans avant J.-C., tyran et héros de son peuple, fils divin et mortel, qui voulut échapper à son destin en brisant le secret de l’immortalité. Cette épopée nous fait visiter une mythologie assez méconnue, j'imagine, celle des Sumériens. L'histoire de Gilgamesh est la plus vieille œuvre littéraire connue. La retrouver aujourd'hui en 2005, dessinée en 2 tomes par Gwen de Bonneval et Frantz Duchazeau, me semble relever du miracle. Traduite dans une myriade de langages, d'abord comptée, puis gravée sur des tablettes, enfin écrite… pour finalement tomber dans l'oubli chassée par d'autres mythologies et d’autres empires, elle renaîtra toujours de ses cendres, à chaque fois embellie, je suppose, par un nouveau compteur. C'est le parcours fabuleux de cette légende à travers les âges qui me touche avant toute chose. Amoureux de la bande dessinée depuis que j'ai pu en approcher une, j'ai trouvé absolument prodigieux qu'elle puisse être enfin écrite sous cette forme aujourd’hui. Je suis heureux… un peu. Finalement, ma rentrée aura aussi eu droit à son petit rayon de soleil.

Le sage, chez Poisson Pilote
L’épopée de Gilgamesh chez BERG

Pour aller un peu plus avant sur l’histoire de l’Ancienne Mésopotamie

28 août 2005

Pourquoi ?

Oui, hein ? Vous aussi vous vous la posez ? Cette question vous brûle les lèvres, elle vous est devenue fondamentale. Et vous étiez à deux doigts de vous dire : "Fraid ? Pas ce genre de gars à nous expliquer pourquoi. Non pas lui, ce n'est pas dans ses habitudes. Plutôt une certaine tendance à vouloir nous dire comment, mais pourquoi… tss, pensez donc !". Pourquoi, disions-nous. Une question dure, franche, aux marches de la virilité… Mais souvent sans réponse de ma part, quelque soit le sujet abordé. Bien… puisqu'il est de mon devoir de le faire, je vais tenter de m'y atteler.

La première chose, et je veux ici en remercier mes professeurs de l'école primaire, c'est que, l'usage aidant, je commence à faire beaucoup moins de fautes d'orthographe en écrivant, et surtout en écrivant sur un clavier d'ordinateur. Je sais que ça va vous paraître très bizarre mais, sur un clavier, j'ai une certaine tendance à parfois taper sur pas moins de 3 touches en même temps et de voir mes pensées déjà écrites à l'écran alors même que mes neurones n'ont pas encore bien réussi à assembler ma prose. La précipitation sans doute. Le plus souvent ça ne veut rien dire à la fin, c'est pour cette raison que je vais essayer de me calmer en modérant ma frappe sur les touches de ce clavier. D'autant plus que nous voilà maintenant à plus d'une semaine du dernier moment où je me trouvais en contact avec ce que mon ami Serge appelle volontiers "la civilisation du loisir" et que mes petits doigt boudinés, après trois semaines de traitement à l'iode, ont une certaines tendance à se raidir, à caler un peu (je sais, voilà, je m'en doutais un peu aussi… vous salivez déjà. Mais qu'est-ce que "la civilisation du loisir" ? Que veut-il dire par là ? Je demanderai donc au Beau Serge de faire une petite contribution de manière à ce que, dite par ses mots, cette idée soit bien claire pour vous comme elle l'est pour moi. Mais patience, ne l'oubliez pas je débute…). Nous en étions donc au grand A, de gros progrès, fins et notables pour dialoguer avec mes contemporains.

Pour le grand B, je ne ferai pas le fine bouche. C'est immédiatement que je vous dévoilerai la raison : j'ai, comme le dit ma moitié, la tête en l'air. Ce sont ses termes, je la cite. Il paraît que j'ai souvent l'œil vide, le regard perdu vers le plafond, en train de penser à toute autre chose que ce qui devrait me préoccuper sur le moment. C'est pour cette raison que je perds stylos, crayons et carnets de croquis. Je les égare puis les retrouve, longtemps après… ils ont eu le temps d'avoir une vie propre et moi pas celui de tenir ce que l'on appelle généralement un journal, ou de prendre plus simplement des notes. En fait, des raisons très techniques que celles du grand B. Vous me direz, il y a les ordinateurs. C'est là que je vous réponds avec la vivacité d'un cerveau au repos depuis trois semaines… Que dois-je répondre déjà ? Ha oui, j'y suis ! Mon ordinateur n'est pas portable, ni même portatif ou transportable. Pour tout vous dire, il ressemble peu ou prou à ce qu'un autre ami, connu sous le pseudonyme de Manao, appelle une centrale de calcul météorologique. Gris, aluminium, 30 kg, une pomme gravée sur chaque flanc, pas simple à mettre sur son dos en fait. Ma vieille demi-branche a aussi un ordinateur, petit, blanc, très transportable, sans fils à la patte, tout ce qu'il faut en fait. Hormis un détail lourd de conséquences : c'est le sien ! Elle verrait d'un œil assez mauvais j'imagine, que je sois 24 heures sur 24 en train de taper des notes que personnes ne lira probablement jamais, sur SON ordinateur. Si je souhaite être le champion de l'inutile, autant que j'utilise mon matériel. Ce journal, sera donc rédigé quasiment tout le temps du même endroit, depuis la station météo. Même si elle est un peu volumineuse, elle se trouve être un grand B très pratique tant qu'on n'imagine pas la transporter.

Bien que disposant dans ma besace de raisons nous permettant de revoir ensemble les bases de l'alphabet, je vais ici me cantonner à 3 raisons essentielles. Je ne dépasserai donc pas le grand C, sauf cas de force majeure ou foule en délire trépignant à ma porte.

Donc, grand C, l'envie. Je sais que, par rapport aux précédents épisodes concernant les fondements du "pourquoi ?" on eût pu dire : c'est un peu court jeune homme ! Mais c'est ainsi. Je sais parfois trancher, être bref, imaginer sans diverger ! Concis, rigoureux et cout sur pattes ! De part ma profession, je suis généralement destiné à l'expression visuelle. Pour faire simple et plutôt bref, sur un sujet dont vous entendrez parler à nouveau j'imagine, mes occupations quotidiennes se trouvent dans la communication et la publicité, plus précisément, dans l'image. J'adore ça, c'est une matière vivante qui m'occupe en permanence, mais je me suis rendu compte il y a déjà bien longtemps, sans doute à trop côtoyer encore un autre ami il y a bien longtemps, José (dont nous reparlerons plus tard, il viendra ici nous faire rire, j'en suis certain…), que lui et moi avions de quoi dire, aussi avec des mots. Par le grand C, j'essaie, je tente de reprendre la plume, pour qu'ensemble nous puissions parler de tout de vous et sans doute aussi très certainement, un peu de moi. Mais pour l'heure, tel Iago quittant son Othello, "encore une fois, je prends congé de vous"… Après tout, il bientôt l'heure de déjeuner, et même Iago, aussi rusé soit-il, doit, de temps à autres, mettre quelque chose dans son estomac pour continuer à sévir !

Retour au camp

Ce dimanche, me voilà de retour de vacances. Le temps est maussade, d'un gris perle qui semble annoncer que les réjouissances sont terminées et que le futur va nous faire mordre la poussière. Mon chat est irascible, très mécontent d'avoir été abandonné pendant près de 3 semaines sans personne pour lui frotter le poil. Je me suis couché tard, d'humeur très moyenne et pour rajouter à l'ambiance générale, un de mes voisins (peut-être un nouveau) s'est mis à jouer de la guitare. Non que je réprime la pratique de la guitare, bien au contraire, c'est un noble instrument serviteur de notre siècle. Mais lorsqu'elle est pratiquée dès avant 9h00 du matin, elle a surtout tendance à évoquer chez moi, scie, hache et bidon d'essence. J'espère que ces errements ne dureront pas trop. Tiens, comme j'écris l'article, miraculeusement, la guitare s'est tue. Mon voisin s'est sans doute dit que maintenant que tous les membres de la maisonnée étaient debout, il pouvait s'arrêter pour s'en retourner vaquer à d'autres sombres occupations. Ainsi… Il ne perd rien pour attendre. Mon fils Camille, 4 ans, a de son côté quelques munitions dans sa cartouchière pour se venger des mélomanes au ventre vide. Une cargaison de jouets, tous plus ou moins capables de jouer d'odieuses mélopées sont à sa disposition et à l'heure de mettre sous presse, la guitare ne pourra rivaliser longtemps avec un père-noël chantant, gorgé de piles alcalines ou des super-héros beuglant leur litanies de "vers l'infini et au-delà". Sur la durée, je devrais facilement m'en tirer face au guitariste fou.

Cette photo a très sérieusement été prise en été depuis mon balcon. Ca en dit long sur l'ambiance de retour…