08 octobre 2005

Corneille VS Shakespeare

Changeons de répertoire. Pour moi, la soirée va être longue, très longue. Je vais regarder le match de foot Suisse-France avec une angoisse terrible. Le dieu vivant a mal à une cuisse (ou quelque chose dans le genre), alors que les deux principaux attaquants de l'équipe suivront le match, comme moi, devant la TV, mais à l'infirmerie. Le patron de la défense est incertain et pour couronner le tout, la peur plane sur cette équipe. Je vais me ronger les ongles jusqu'à l'os à chaque fois qu'un suisse osera toucher le ballon. Le moindre tacle résonnera comme une malédiction psalmodiée dans une cathédrale. C'est les mains devant les yeux et le foie un peu mou que va se passer ma soirée… Shakespeare qui est plus concis que moi dirait facilement : "Je ne veux plus regarder : la cervelle me tournerait, et le trouble de ma vue m'entraînerait dans l'abîme".
J'ai essayé d'y penser mais je n'y arrive toujours pas, sans doute le manque de concentration : et si les bleus perdaient ? Chaque fois que je prononce mentalement cette phrase, j'en ris juste après, me forçant à imaginer qu'une telle déconvenue est impossible. Même le match nul serait une catastrophe nationale ! Ce soir, nous aurons tout de l'ambiance du parfait drame. Les visages graves pendant les hymnes (car les suisses jouent leur peau aussi), les fautes techniques dues à la pression psychologique et sans doute des blessés, car le match sera "viril" comme on dit. Pendant ce temps des millions d'estomacs seront noués et des hectolitres de transpiration couleront goutte à goutte sur les front plissés de tous les supporters de l'équipe de France. Personne ne veut d'une génération maudite comme celle de Cantona. Faut y aller les gars, on veut du 15-0 pour bien se rassurer. Et puis faites en sorte de marquer 2 ou 3 buts assez rapidement, car personnellement, je ne pourrai rien avaler avant de vous voir à l'abri. Comme pour la finale de la coupe du monde de 1998, je sais que Zidane va nous faire un geste de légende, j'en suis persuadé. Le genre de gars sur l'épaule de qui on peut facilement poser sa tête pour se rassurer.

A tout à l'heure pour le résultat, mais j'ai peur quand même…

MàJ1 : La première mi-temps est très tendue et l'issue du match est incertaine. Je n'ai plus d'ongles et j'ai entamé la première rangée de phalanges. Aïe !

MàJ2 : Pffffffffff !

1 Comments:

At 10 octobre, 2005 01:02, Blogger JackDaniel's said...

chuis deçu, chuis deçuuuuuu, deçu deçu deçudeçudeçu.

Chuiiiss déééééçuuuuuu

 

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